Commune du Coeur de Beauce

Histoire

Extrait de « Histoire de Chartres et de l’ancien pays chartrain », par V.Chevard :

« A trois petites lieues d’Auneau, et à cinq de Chartres, est le bourg de Ouarville, où il existe un ancien château.
Il s’en trouve plusieurs autres dans les environs, tels que ceux de Denonville ou Louville la Chenard, qui méritent d’être vus.
Ce dernier appartenait autrefois aux Chenard, ancienne et noble famille de Beauce, d’où ce village qui a pris le nom de Louville la Chenard; et un autre village voisin, celui de Levéville la Chenard.
La terre de Louville a passé de la famille des Chenard, dans la maison d’Allonville; puis dans celle de Baglion, et enfin dans celle du Roure. »

Personnalités liées à la commune

Les Chenard, originaires de Beauce, dont l’origine remonterait à Goislin Chenard, sont qualifiés seigneur de Louville, en 1101.
Ci-contre le blason des Chenard, seigneurs de Louville avant les d’Allonville.

En 1481, Louis XI concède à Jean d’Allonville, son chambellan, la haute, moyenne et basse justice à la terre de Louville.
Celle-ci reste dans la famille jusqu’au XVIIIe siècle.
Charles Auguste d’Allonville de Louville est né le 18 mai 1664 au château de Louville-la-Chenard.
Il est tout d’abord colonel, puis gentilhomme de la manche, il accompagne le nouveau roi qu’il a élevé en Espagne.

Il est nommé chef de la Maison française de Philippe V d’Espagne, le premier Bourbon roi d’Espagne (de 1700 à 1703).
Après 1703, il est gentilhomme de la chambre d’Alexandre III, duc de Bournonville (es), puis attaché au duc de Bourgogne, Louis de France (de 1703 au 18 février 1712) et au duc de Berry, Charles de France (1686-1714). Gouverneur et Grand Bailly de Courtrai, il reçoit en 1716 une nouvelle mission en Espagne, puis il se retire sur ses terres.
Louville est érigé en marquisat de son temps.
C’est lui qui fait reconstruire le château sur le modèle de l’hôtel d’Humières à Paris, il y meurt le 20 août 1731.

Son frère cadet Jacques-Eugène d’Allonville de Louville, né le 14 juillet 1671 au château (mort le 10 septembre 1732 à 61 ans) est un célèbre astronome et mathématicien français.
On l’appelle habituellement le chevalier de Louville. Voltaire écrit de lui « il s’est distingué parmi la foule de ceux qui ont fait honneur au siècle de Louis XIV ».

 

On connaît de sa jeunesse deux événements remarquables.
Etant destiné à l’Eglise en tant que cadet, « quand il fut question de se tonsurer à sept ans, il attendit le jour de la cérémonie pour déclarer en quatre paroles, avec une fermeté froide, inébranlable et fort au-dessus de son âge, qu’il ne voulait point être ecclésiastique. ».
Il a douze ans quand lui tombent entre les mains les « Éléments d’Euclide », traité mathématique et géométrique probablement écrit par le mathématicien grec Euclide vers 300 av. J.-C. Cette lecture est marquante pour sa vie.
Il passera de la marine à l’armée de terre, qu’il quittera pour se consacrer à sa passion : les mathématiques et principalement l’astronomie.
Il est membre de l’Académie des sciences à partir de 1714 et en 1717, il s’établit à Carré, à un quart de lieue d’Orléans, d’où il observera le ciel.

Ci-contre Charles Auguste d’Allonville de Louville, par Hyacinthe Rigaud, en 1708.

La fille de Charles Auguste, Angélique Louise Sophie d’ALLONVILLE de LOUVILLE née en 1710 († 1756) se marie avec Pierre François Marie de BAGLION, marquis de la Salle, Seigneur de Quincieux et de la Pradelles.
Et c’est ainsi que la terre de Louville passe dans la maison de Baglion.

Pierre François Marie de BAGLION (†1799) a été Colonel d’Infanterie, Premier chambellan de Monseigneur le comte d’Artois, Admis aux honneurs de la cour en 1764, Chevalier de Saint-Louis.

De cette union naquit une seule enfant : Scholastique Françoise de BAGLION (1734-1814) qui se mariera le 24 janvier 1759, à Cambrai (59), avec Denis Auguste de GRIMOARD de BEAUVOIR du ROURE , marquis de Grisac (1735-1762) passant ainsi la terre dans la maison du Roure.
Scholastique Françoise de Baglion de La Salle, Dame de Louville est dame de Mme la comtesse de PROVENCE.

Ci-contre Angélique Louise Sophie d’Allonville de Louville.

Héraldique

Les armes de la commune se blasonnent aujourd’hui ainsi : d’argent aux deux fasces de sable.

Nos cloches

Notre église possède deux cloches.
Une grande et une plus petite appelée respectivement : Marie et Madeleine.

L’inscription ci-après correspond à ce qui a été exactement décrypté sur la cloche Marie :

L’inscription donnerait en transcription actuelle : « Je suis appelée Marie et de Louville fort réclamée ; je fus faite par le plus grand nombre, l’an 1561. G. Lucas, T. Bellangier, K. Girard, gagiers ».

Et voici l’inscription de Madeleine : « Noble homme Jacques de Heron Seigneur du lieu me fit faire et Madelaine nommée.1512. »

Incendie de 1844

On peut lire dans le Recueil des actes administratifs : « Une catastrophe calamiteuse vient de frapper le chef-lieu de la commune de Louville-la-Chenard.
Un incendie causé par imprudence à réduit en cendres, dans la journée de lundi dernier (12 août 1844), la presque totalité de ce bourg populeux.
Maintenant les trop nombreuses victimes de ce désastre sont sans asile, sans vêtements, sans pain ».
Pour recueillir des fonds de secours, l’Évêque de Chartres demande aux curés de faire des quêtes à domicile.